Pierre Rousset

HÉROS DE GUERRE ET ÉLU MUNICIPAL

Dévoué à sa Patrie comme combattant durant la Grande Guerre puis à sa commune comme conseiller municipal au sein de la municipalité Soulier, Pierre Rousset était un Villardaire visiblement apprécié. Une foule immense de 3 000 personnes est venue lui rendre hommage après son décès accidentel à l’âge de 48 ans.

Parmi les parcours remarquables des concitoyens villardaires, celui de Pierre Rousset mérite d’être évoqué. Sa famille est originaire de Larajasse où il est né le 7 juillet 1889. Son père Antoine a combattu contre la Prusse lors du siège de Belfort fin 1870. La famille est ensuite venue s’installer à Villars vers 1895, d’abord à Michard à la ferme Duboeuf, beau-frère d’Antoine, puis rue Danton.

Si on ne trouve pas trace du passage du jeune Pierre à l’école communale de Villars, son répertoire militaire est par contre très détaillé. Car Pierre Rousset s’est particulièrement distingué durant la Grande-Guerre.

Deux ans après avoir effectué son service militaire, il est rappelé par l’ordre de mobilisation générale. Le 12 aout 1914 il rejoint les rangs du 12è Bataillon de Chasseurs Alpins. Nommé caporal en juin 1915 puis sergent en aout 1916, son comportement au front fut en tous points exemplaire. Pour son courage et ses actions d’éclat, il sera cité trois fois, d’abord lors des combats du Linge en Alsace en aout 1915, puis lors de la bataille de Saint-Quentin le 2 octobre 1918 et enfin après le franchissement du canal de la Sambre le 26 octobre 1918. Il sera décoré de la croix de guerre avec deux étoiles de bronze et une étoile d’argent et recevra la médaille militaire le 13 mars 1921.

Libéré des obligations militaires le 14 aout 1919 (après 5 ans sous les drapeaux), il reprend ses activités de cultivateur rue Danton à Villars où il se marie le 8 mai 1920 avec Catherine Berger. Deux enfants naitront de cette union. En 1929, le maire Louis Soulier le sollicite pour rejoindre les rangs du conseil municipal. Pierre Rousset va alors activement se dévouer pour sa commune.

Mais lui qui avait survécu à l’horreur de tranchées sera hélas victime d’un accident du travail qui causera sa mort prématurée le 23 octobre 1937 à l’âge de 48 ans. Selon la presse locale, une foule immense, estimée à 3 000 personnes, assiste à ses funérailles. Il y a là tout le conseil municipal, mais aussi les anciens combattants de Villars, le sénateur Neyret, président du conseil général de la Loire et voisin du défunt, une délégation d’écolières, de nombreuses délégations de Poilus et de cultivateurs, la presque totalité de l’Harmonie des mineurs, toutes les familles de Villars et d’innombrables amis venus des communes environnantes.

Après la messe d’enterrement célébrée par l’abbé Pinton, au cimetière, l’éloge funèbre est prononcé par Louis Soulier. Le maire lui rendra un vibrant hommage évoquant tour à tour « un ami sûr, dévoué, loyal…un fidèle collaborateur… un modèle de bravoure…un travailleur infatigable, serviable et généreux… un époux et père de famille exemplaire ». Et de conclure « pour la commune de Villars c’est une perte irréparable ». Pierre Rousset laisse une veuve éplorée et deux enfants. Les descendants de cet homme hors du commun habitent toujours la région.

CINQ ANS SOUS LES DRAPEAUX ET TROIS CITATIONS

En septembre 1915 il sera une première fois cité à l’ordre du Bataillon qui combat alors en Alsace dans le secteur du Linge : « sur le front depuis le début, a toujours été pour ses hommes un modèle d’énergie et de bonne volonté, s’est particulièrement distingué aux combats du 31 aout 1915 ».

Le 14 novembre 1918 il est cité à l’ordre de la Division : « A été blessé le 2 octobre 1918 (par éclat d’obus à la gorge). Ayant reçu l’ordre de se rendre au poste de secours, est revenu volontairement 3 jours après reprendre sa place à la compagnie afin de participer à l’attaque » (bataille de Saint-Quentin).

Il est une troisième fois cité, cette fois à l’ordre du 5è Groupe de chasseurs, le 14 décembre 1918 : « sous-officier énergique et courageux le 26 octobre 1918 au nord-est de Ribémont, chargé comme chef de patrouille de faire la reconnaissance du village de Courjumelles encore occupé a rempli sa mission malgré les feux violents de mitrailleuses et rapporté des renseignements intéressants sur les forces et l’emplacement de l’ennemi ».

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