1921: la municipalité Soulier, gestionnaire de l'après-guerre
Deux ans après les élections municipales de 1919, trois nouveaux élus font leur entrée au conseil. Une nouvelle organisation se met en place avec désormais Louis Soulier comme maire. Il aura bien du pain sur la planche.
Louis Soulier a fait son entrée au conseil municipal après les élections municipales de décembre 1919. Il est alors nommé 2è adjoint de Jean Domet. Mais à cause d’un profond différend entre les deux hommes concernant l’érection du monument aux morts, la situation va vite se dégrader et de manière irréversible. À tel point qu’en juin 1921 des élections complémentaires sont organisées pour remplacer deux élus décédés et le maire démissionnaire. Et il faut aussi trouver un nouvel adjoint, Jean-Baptiste Paret ne souhaitant plus assumer cette fonction.
Le résultat des urnes n’est pas du tout favorable à la municipalité sortante puisque ce sont trois élus du parti communiste (le bouillonnant Claude Rousset, Pierre Guichard et Claudius Pavailler) qui devancent les candidats proposés par Soulier. Mais ce dernier garde quand même une confortable majorité et va donc réorganiser son exécutif. Âgé de 45 ans, cet industriel local spécialisé dans le matériel ferroviaire est logiquement élu maire le 12 juin 1921 avec 16 voix sur 21. Il propose ensuite Antoine Verrier comme 1er adjoint (16 voix) et Étienne Rocher comme 2è adjoint (15 voix).
Ce conseil municipal compte dans ses rangs des élus profondément marqués par « le cauchemar de la guerre » comme l’évoque le maire. C’est notamment le cas d’Antoine Verrier dont le fils unique Jean a été tué par l’ennemi près de Monastir en Serbie en novembre 1916. Étienne Rocher, mutilé de guerre, a quant à lui perdu un œil au combat dans les Vosges en 1914.
Jean-Baptiste Berthet et Jean Chirat pleurent tous les deux un frère tombé pour la Patrie dès la première année de guerre. Dans les rangs de l’opposition, Claude Rousset a été blessé par balle en septembre 1914 lors de la bataille de l’Aisne et Pierre Guichard blessé par éclat d’obus en début de guerre à Sarrebourg lors de la bataille des frontières.
En 1921 Villars compte toujours au sein de sa population de très nombreux réfugiés du Nord et du Pas-de-Calais qui n’ont pas encore pu regagner leurs régions d’origine dévastées par la guerre. Il faut gérer et organiser les aides aux familles et améliorer l’approvisionnement alimentaire. Pour la municipalité Soulier, les urgences ne manquent pas. Une des priorités de ce court mandat (qui s’achèvera en mai 1925) sera la construction d’une école au Bois-Monzil.
Premier rang assis de gauche à droite :
Jean Baptiste Berthet, Jean Baptiste Pradon, Antoine Verrier (1e adjoint), Louis Soulier (maire), Étienne Rocher (2è adjoint) , Jean Baptiste Paret (ancien maire), Antonin David.
Deuxième rang :
Étienne Fontvieille, Flavien Ferratier, Paul Bonnamour, Pierre Cheynel, Claudius Penot, Augustin Bosc.
Troisième rang :
Pierre Chaudier, Pierre Rey, Jean Chirat.
Sources : délibérations conseil municipal, presse ancienne.
Photo collection musée JM Somet
©H&P-Pierre THIOLIÈRE