ÉLECTIONS DE 1929 : UN PLÉBISCITE POUR LA MUNICIPALITÉ SOULIER
Le conseil municipal va consacrer ses efforts à l’amélioration de la salubrité publique. Avec un projet phare : la construction de bains-douches et d’un lavoir en centre-ville.
Les élections municipales de 1929 vont apporter un changement notoire à toutes les municipalités de France. La durée de leur mandat va passer de 4 à 6 ans. De quoi inscrire leur action plus dans la durée. A Villars, depuis 1921 c’est Louis Soulier, industriel local, qui dirige la commune. Il a été confortablement reconduit dans ses fonctions lors des élections de 1925 avec 20 élus de sa liste sur les 21 conseillers municipaux.
En mai 1929, les élections tournent au plébiscite pour la liste Soulier (sous les couleurs de l’Union des Républicains et Socialistes) qui est entièrement élue. La commune compte alors un peu plus de 3 000 habitants et sa principale industrie est la mine. Étienne Rocher (usineur de métier, domicilié rue de la République), Jean Lyotard (mineur, domicilié rue Paul Bert) et Jean Baptiste Cuivré (ancien boulanger de l’Arsenal, puis passementier place Gambetta) sont nommés adjoints.
Si la construction d’une école au Bois-Monzil (inaugurée en 1926) a été la principale réalisation de la précédente mandature, la Municipalité va cette fois s’engager dans une démarche de longue haleine avec pour objectif d’améliorer la salubrité publique avec la construction d’égouts en tuyaux de ciment et la création d’urinoirs.
Mais le projet phare annoncé sera la construction de bains-douches et d’un lavoir public. L’opportunité d’acquérir ce qu’on appelle alors le château des Mines (ancienne demeure des Mathevon de Curnieu, aujourd’hui mairie) va permettre une implantation en centre bourg. Après de longues négociations, les bâtiments et le parc alentour sont rachetés. Dans le château il est prévu « d’établir le dispensaire de soins et la consultation des nourrissons, le jardin public devant permettre aux enfants d’y prendre leurs ébats en toute sécurité ».
La dépense est d’importance (473 700 francs), mais la commune peut compter sur trois legs de particuliers décédés (Beraud, Gauthier et Oblotz) pour financer cette acquisition, une imposition particulière et un emprunt (au taux de 5% sur 30 ans) faisant le reste. Il faudra attendre 4 ans pour mener à bien ce projet.
Lors des élections de mai 1935, la liste Soulier sera encore majoritairement reconduite mais cette fois quatre élus d’opposition, Camille Souveton, François Fourbon, Claude Ravel et François Binet (futur maire à la Libération), auront voix au chapitre et se feront entendre. Louis Soulier n’ira pas au bout de son mandat, il s’éteindra à son domicile le 31 mars 1938 des suites de maladie. La rue où il habitait sera renommée en 1940 et porte désormais son nom.
MUNICIPALITÉ SOULIER 1929
Premier rang : 1) Jean Baptiste CUIVRÉ (adjoint) ; 2) Jean LYOTARD (adjoint) ; 3) Etienne ROCHER (adjoint) ; 4) Louis SOULIER (maire) ; 5) Etienne FONTVIEILLE ; 6) Jean Baptiste PRADON ; 7) Jean Baptiste BERTHET.
Deuxième rang : 8 Pierre ROUSSET ; 9) Claude CELLE ; 10) Jean Marie PALLE ; 11) Pierre BREUIL ; 12) Jean CHIRAT. 13) Augustin BOSC ; 14) Pierre REY.
Troisième rang : 15) Jean BERTHET ; 16) Pierre Paul BONNAMOUR ; 17) Jean Baptiste BOIRON ; 18) Flavien FERRATIER ; 19) Claude PENOT ; 20) François CHARENTUS ; 21) Jean Marie BERTRAND.
Sources : délibérations du conseil municipal, presse ancienne. Photo collection du musée Jean Marie Somet.
©H&P-Pierre THIOLIÈRE